conditions générales du commerce au moyen âge

Le commerce s’est donc élevé avec lenteur au Moyen-âge : du fait de l’hostilité à son égard des pouvoirs, mais aussi pour d’autres raisons.

Voies de communication

La plus importante est assurément la difficulté des communications. Pour la comprendre, il faut se représenter les distances d’alors comme équivalentes à sept fois nos distances actuelles; la distance de Paris à Orléans comme représentant celle de Paris à Marseille; celle de Paris à Lille comme plus grande que celle qui sépare de nos jours Paris de Varsovie ou de Budapest. Qu’on y ajoute les péages de toutes sortes, les dangers de la route, la difficulté des chemins, les risques multiples que courent voyageurs, convoyeurs et marchandises, et l’on s’expliquera que les échanges soient demeurés si restreints et si rares.

foire moyen-age 

De grands efforts étaient faits à certaines époques pour assurer la sécurité des transports et des voyages, mais des éléments nouveaux de péril et de risques renaissaient incessamment. Les mesures les plus sages demeuraient inutiles. Peu à peu cependant, il se forme comme une sorte de droit international, universel, suivant les marchands partout. Ce jus mercatorum, droit des marchands, résultait de la nécessité de soumettre à des règles identiques ces pèlerins commerciaux que tous les princes s’efforçaient d’attirer à leurs marchés et à leurs foires.

jus mercatorum

Sur mer, une certaine entente s’était établie entre les divers États, une sorte de droit maritime était né.
Ainsi les différentes législations et coutumes, dont nous avons énuméré les principales, proclament la liberté des mers, c’est-à-dire le droit appartenant à tout État de faire circuler librement sur les mers des navires portant son pavillon elles stipulent l’obligation pour tout navire d’arborer le pavillon de la nation à laquelle il appartient la suppression de la piraterie, la réglementation du droit de bris, des garanties pour les personnes et les biens des naufragés, enfin l’établissement de tribunaux spéciaux pour juger les délits ou contestations maritimes sous le nom d’amirautés ou consulats de la nier. Toutes contiennent des règles précises pour l’armement des navires, la formation de l’équipage, ses devoirs et aussi ses droits, mais à côté des règles générales, chaque nation a sur le commerce maritime ses idées particulières, ses lois et sa réglementation spéciale.

Sur mer comme sur terre, les commerçants doivent être des hommes de guerre. Contre la piraterie, l’union, l’association sont nécessaires comme contre le brigandage. Les marchands italiens ont besoin pour la protection de leurs navires de d’escorte de vaisseaux de guerre; les trafiquants des bords du Rhin se solidarisent pour la défense de leurs convois. Dès qu’une autorité centrale se constitue, les seigneurs sont déclarés responsables des dommages subis par les voyageurs dans la traversée de leurs territoires. Tous les nationaux d’un pays sont responsables des torts causés par l’un d’entre eux; la partie lésée obtient sur mer des lettres de marque pour saisir sur les bâtiments portant le pavillon de la nation à laquelle appartient Yolîenseur, l’équivalent des pertes qu’elle a subies; sur terre, le droit de représailles menace
l’étranger établi dans une contrée, ou la traversant, de la saisie de ses biens en réparation des préjudices causés dans son pays d’origine à un ressortissant de son pays d’élection. De véritables expéditions guerrières sont parfois entreprises pour l’exercice de ce droit; des menaces de confiscation pèsent toujours sur l’étranger. Encore faut-il y ajouter les dangers d’une excommunication lancée sur son pays et mettant hors la loi, quel que soit le lieu où il se trouve, sa personne et ses biens.

Aussi cette solidarité nécessaire amène-t-elle la constitution de vastes confédérations








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